Because « Black women are the mule of the world ». Cette affirmation de Zora Neale Hurston dénonçait déjà en 1937 la double oppression des femmes noires, exploitées et agressées à la fois par le racisme et le sexisme. Près d’un siècle plus tard, cette réalité reste d’actualité. Une étude d’Amnesty International révèle que les femmes noires ont 84 % plus de risques d’être citées dans des tweets injurieux ou problématiques que les femmes blanches. Un tweet sur dix les mentionnant contient un contenu violent ou déshumanisant, contre un sur quinze pour les femmes blanches. Une autre étude de Glitch sur la misogynoir digitale a recensé 9 000 contenus haineux supplémentaires à leur encontre par rapport aux femmes blanches. Aujourd’hui, les femmes noires sont les plus harcelées en ligne, les plus fétichisées et les plus invisibilisées, aussi bien en ligne qu’au quotidien.
Mais pourquoi tant de haine ? La réponse tient en un mot : misogynoir, un terme inventé par la chercheuse Moya Bailey pour définir le racisme et le sexisme spécifiques aux femmes noires. On vous décrypte ses mécanismes.
1. La femme noire ou celle qui fait peur
Dans Ain’t I a Woman (1981), bell hooks explique comment les femmes noires ont été historiquement déshumanisées, à la fois par le patriarcat et par le racisme. Comment justifier le travail servile et le viol des femmes noires à une époque où on promeut l’image d’une femme blanche, faible et chaste, confinée chez elle ? Par la race. Si le Blanc est la pureté angélique, l’intelligence lumineuse, la civilisation immaculée, alors le Noir est tout l’inverse. L’historien des couleurs, Michel Pastoureau, l’écrit : la symbolique des couleurs s’invente en opposition. Les femmes noires sont donc associées aux différents stéréotypes qui permettent de justifier la traite transatlantique.
Au cours du XIXe siècle, la Jezabel biblique est devenue une femme noire ou métissée, une prédatrice avec un appétit sexuel insatiable, grâce aux travaux de William Smith. Dans Description of the African Women, il déclare que les femmes africaines sont “continuellement en train de tramer des stratagèmes pour conquérir un amant.” Les photographies coloniales exhibant le corps dénudé des femmes africaines, ainsi que le tour d’Europe de Saartjie Baartman, la femme khoïkhoï devenue une curiosité sexuelle, ont renforcé cette vision. Prissy dans Autant en emporte le vent (1939) ou les femmes noires dans Foxy Brown (1974) ou Coffy reprennent cette vision sulfureuse.
Aujourd’hui encore, on voit cette représentation des femmes noires aussi bien dans l’industrie musicale avec Nicki Minaj, que dans l’industrie audiovisuelle dans des séries comme Power ou Empire. D’ailleurs, les femmes non noires qui affichent une sensualité débridée sont parfois qualifiées de femmes noires, comme la rappeuse Cardi B. Même lorsqu’elles ne sont pas hypersexualisées explicitement, les femmes et les filles noires sont présentées comme à l’aise avec la sexualité. La jeune adolescente noire qui couche ou tombe enceinte aisément est un personnage incontournable des séries telles que Top Boy. À ce sujet, une étude menée en 2023 par Stella Igweamaka et Nana Appah pour Femmes canadiennes noires en action a montré que les filles noires sont souvent perçues comme plus matures et plus indépendantes que leurs camarades blanches. Toute une génération d’autrices afro-américaines a dénoncé les viols de fillettes noires, automatiquement sexualisées et vieillies. L’œil le plus bleu de Toni Morrison en est un brillant exemple.
Dans la même logique, mais à des fins d’exploitation de la force de travail des femmes noires, elles ont également été dépeintes comme étant masculines. Ainsi, la littérature et le cinéma foisonnent de personnages féminins noirs, dépeints avec une force, physique ou mentale, qui défie celle des hommes ou dans des rôles traditionnellement masculins. De même, physiquement, les photographes se plaisent à donner une apparence androgyne aux modèles noirs comme Grace Jones. Le film The Woman King semble entériner cette vision. Les colons ont d’ailleurs alimenté l’idée de l’existence d’un matriarcat dans certaines régions d’Afrique, contrairement à toutes les réalités historiques à ce sujet. Cette représentation a également pris la forme, désormais, de l’Angry Black Woman, cette femme noire agressive, colérique et qui terrorise son entourage, en particulier masculin et n’a besoin de personne. Rochelle dans Tout le monde déteste Chris et Janette dans Ma famille d’abord en sont des caricatures.
En conséquence, les femmes noires se retrouvent associées aux éléments que le patriarcat craint le plus de voir entre les mains d’une femme : le pouvoir et le sexe. Dans l’histoire occidentale, les femmes qui revendiquaient ou paraissaient revendiquer ces éléments étaient haïes, voire massacrées. Dans son célèbre Marteau des sorcières, le livre de référence durant la chasse aux sorcières en Europe, l’inquisiteur Heinrich Kramer associe la sorcellerie aux désirs charnels insatiables d’une femme. Le travestissement féminin a suscité la même défiance avec des lois l’interdisant. Les femmes noires cristallisent donc automatiquement cette haine, en particulier de la part des hommes noirs, qui les voient doublement comme des concurrentes. D’une part, parce que la sexualité peut en faire des complices des hommes blancs. D’autre part, parce qu’elles semblent un obstacle à leur volonté patriarcale.
Les femmes noires ne sont valorisées que lorsqu’elles s’accordent avec la figure bien connue de la nanny ou la mama noire. Dans les films, elle est toujours grosse, pas ou peu éduquée, désexualisée et totalement dévouée à une famille ou personne blanche. De nos jours, cette figure connaît des variations, mais il est difficile de ne pas voir une continuité entre Lady Danbury dans Les Bridgerton, Aibileen dans La Couleur des sentiments et Hattie dans Autant en emporte le vent. Cette représentation de la mère forte et sacrificielle, qui endure tout sans jamais se plaindre, s’impose comme la seule représentation maternelle des femmes noires. Cette figure se diversifie avec le personnage de la militante ou travailleuse dévouée et de la bonne copine noire, quasi sans développement personnel, mais toujours prête à aider un personnage blanc ou plus clair. Divines en donne un brillant exemple avec Déborah Lukumuena, qui joue la meilleure amie forte, prête à tout pour aider son amie, l’héroïne. bell hooks explique que la figure de celle qui aide et guide n’est qu’une revisite du paradigme servante/servie, où les femmes blanches ne veulent « plus d’une femme noire qui nettoie leur maison, mais d’une femme noire qui prenne soin de leur âme ». Il n’y a jamais de réciprocité, parce qu’on n’est pas dans une amitié, mais dans ce que la chercheuse nomme une “mammification” des femmes et filles noires. Les femmes noires ne sont plus des femmes, et c’est problématique dans une société sexiste, où les femmes sont définies avant tout par le sexe. Cette désexualisation provoque une déshumanisation.
2. La banalisation de la souffrance des femmes noires
Quand on pense au sexe faible, on ne pense pas aux femmes noires. Les femmes noires sont fortes ; parlent fort ; frappent fort. Elles seraient incontrôlables comme Nola dans She’s Gotta Have It. Mais pourtant, comme toutes les femmes du monde, elles n’échappent pas aux violences conjugales, aux agressions sexistes et sexuelles, aux inégalités dans l’accès à l’éducation et à l’emploi, au contrôle et aux mutilations sur leur corps, à la précarité… Les Afro-Américaines seraient même davantage enclines à adopter un rôle féminin traditionnel, selon Angela Davis, dans la mesure où, pendant l’esclavage et la ségrégation, elles n’ont pas pu avoir accès au « malaise indicible » décrit par Betty Friedan dans La Femme mystifiée. Cette prétendue force des femmes noires cache en réalité son contraire, puisque Tarana Burke, inventrice du mouvement MeToo, indique queles femmes noires sont les plus touchées par les viols et les agressions. Toutefois, cette souffrance est invisibilisée, niée et amoindrie, autant sur la scène médiatique qu’au sein des communautés.
Dans Rage Assassine, bell hooks explique que la stratégie de la victimisation fonctionne pour les femmes blanches au nom de la solidarité raciale et grâce à l’imaginaire blanc bourgeois qui les a dépeintes comme fragiles depuis des siècles. Mais les personnes non blanches ne peuvent recourir à la technique de la victime que si le colorisme joue en leur faveur. C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles la NAACP n’a pas soutenu la plainte de Claudette Colvin, une jeune Afro-Américaine de 15 ans qui a refusé de céder sa place à un Blanc dans le bus ségrégué de Montgomery en 1957, neuf mois avant Rosa Parks. Elle était une adolescente enceinte à la peau trop foncée pour que son histoire suscite de l’empathie. À l’écran, l’héroïne métisse est accompagnée de personnages plus foncés quand il s’agit de parler de racisme. Dans la série Ginny & Georgia, cette utilisation est visible.
De plus, les oppressions subies par les femmes noires sont invisibilisées à cause de l’action conjointe du sexisme et du racisme, mise en œuvre par les hommes noirs et les femmes blanches, faisant parfois du couple mixte la réponse au racisme. Très tôt, lors des premiers mouvements pour les droits sociaux, les femmes noires réalisent que les femmes blanches et les hommes noirs ne sont pas contre le système de domination. Ils revendiquent le droit de bénéficier des mêmes privilèges que les hommes blancs, en raison de leur blanchité pour les unes et de leur sexe pour les autres.
L’exclusion des femmes noires du combat féministe dominant aux États-Unis et en Europe se renforce d’autant plus du fait des divergences entre certaines de leurs revendications. Ainsi, quand les Françaises en métropole demandent le droit à l’avortement, dans les Antilles, les Françaises demandent l’arrêt des programmes de stérilisation forcée. Les priorités du féminisme blanc bourgeois sont axées sur l’égalité salariale, le droit à l’avortement ou la parité en politique, mais elles n’intègrent pas les problématiques intersectionnelles comme la discrimination raciale sur le marché du travail ou l’hypersexualisation des corps noirs.
Quant au mouvement antiraciste, les revendications des femmes noires sont également vues comme secondaires. Les hommes noirs cherchent à se reconstruire face à l’oppression. Pour cela, ils sont parfois misogyne et minimisent les violences faites aux femmes noires. Ainsi, la lutte contre le racisme systémique se concentre davantage sur les violences policières et l’accès aux emplois et à l’éducation pour les hommes noirs. Il est intéressant de noter que l’une des rares militantes noires à bénéficier du soutien des hommes noirs en France est Assa Traoré, engagée contre les violences policières. Pour tous les sujets spécifiques aux femmes noires, les féministes sont inaudibles ou critiquées sur la scène médiatique, d’où la formule des Afro-Américaines : « All the Women are White and all the Black are Men, but some of us are Brave ».
Cependant, quand les oppressions subies par les femmes noires sont reconnues, elles suscitent peu d’empathie. En effet, la société juge les femmes noires capables de supporter les souffrances. Dans la logique du stéréotype de la femme masculine, la femme noire est présentée comme forte, résiliente, endurantes face aux épreuves. Les violences et douleurs qu’elles subissent sont minimisées. Des études, confirmées par les multiples affaires de patientes noires mortes faute de prise en charge, ont montré que les médecins sous-estiment la douleur des patientes noires. Cette perception biaisée s’étend également à la justice : les crimes commis contre elles sont moins médiatisés. Leurs plaintes sont moins souvent prises au sérieux, et les coupables reçoivent souvent des peines plus légères quand ils sont jugés.
La culture populaire reflète également cette impunité. Les médias privilégient les récits de victimes blanches, tandis que les disparitions et assassinats de femmes noires passent inaperçus. Le mouvement Say Her Name a été créé pour dénoncer cette invisibilisation. En effet, la mort de Breonna Taylor, tuée par la police aux États-Unis, a suscité bien moins d’indignation que celle de George Floyd, la même année. Dans les films et les séries, les femmes noires jouent souvent un rôle à responsabilité, et leurs souffrances sont glamourisées. L’ensemble des films sur la période de l’esclavage, de la colonisation, mais aussi les films sur les banlieues et les ghettos, s’inscrivent dans cet imaginaire. La femme noire serait la femme du struggle, violenté, épuisée, jamais heureuse, si on en croit les films du réalisateur Tyler Perry. Même la princesse noire dans La Princesse et la Grenouille de Disney se retrouve à être surmenée par le travail. Il en est de même dans How to Get Away with Murder, où l’avocate noire doit endosser tout sur son dos. Ainsi, les souffrances endurées par les femmes noires apparaissent comme naturelles, mais aussi supportables pour elles. Elles ne sont pas humaines, elles sont des mules.
3. Pas de père, pas de mari : La victime idéale du patriarcat raciste
Historiquement, les sociétés patriarcales ont toujours attribué aux femmes un statut de « protégées », souvent sous l’autorité des hommes de leur famille ou de leur communauté. Si cette protection a eu des effets sexistes, elle assure néanmoins une relative sécurité face aux agressions extérieures. Les femmes blanches bénéficient d’une solidarité raciale et patriarcale, les positionnant comme des figures dignes de défense et de respect. En revanche, les femmes noires sont exclues de cette protection et n’ont aucune forme de sauvegarde institutionnelle ou culturelle. Au contraire, les crimes envers les Afro-Américaines étaient légaux, dans la logique esclavagiste. Les livres sur l’afro-féminisme en témoignent. Quant aux structures patriarcales au sein des communautés noires, déstabilisées ou invisibilisées par la domination blanche, elles n’assurent pas, dans certains cas, ce rôle. Dans l’imaginaire occidental, elles n’existent même pas.
L’absence des couples et des familles noires dans la culture populaire s’inscrit dans cette vision. Les femmes noires sont le plus souvent représentées célibataires ou devant recourir à la protection d’un homme blanc ou plus clair. Lorsqu’elles sont effectivement représentées avec un homme noir, elles adoptent le rôle castrateur de l’Angry Black Woman, soulignant donc l’absence de protection patriarcale. Dans les sociétés américaines et antillaises, le système de vente des esclaves, qui a éclaté les familles, a durablement détruit la structure familiale des familles noires. Le roman Beloved de Toni Morrison illustre cette difficulté à faire famille dans un contexte où les conjoints et les enfants sont vendus selon le bon vouloir du maître.
Dans son analyse de l’absence des pères noirs dans les foyers afro-américains, bell hooks y voit la fuite de leur incapacité, dans un contexte d’apartheid et de précarité économique, à assumer leur rôle patriarcal, après l’abolition. Le père absent est une image courante dans la culture urbaine. Il n’y a pas d’équivalent dans les familles d’Afrique subsaharienne, mais elles sont pourtant toujours représentées ainsi dans les films comme Bande de filles ou Le Jeune imam. Cette représentation erronée montre que l’abandon des femmes noires est devenu un lieu commun. Cette image en fait une cible dans un contexte patriarcal.
Dans Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir notait que les hommes ne respectent pas vraiment les femmes. Ils respectent les hommes auxquels elles sont censées appartenir, au niveau individuel et de la communauté. Or, contrairement aux femmes non noires, qui peuvent compter sur la solidarité raciale des hommes de leur communauté, les femmes noires sont perçues comme seules. Cette absence de protection les expose à une double vulnérabilité, à la fois raciale et genrée, les rendant ainsi des cibles faciles pour la violence, la discrimination et la déshumanisation. La violence envers les femmes noires est d’autant plus grande qu’elle est encouragée par les hommes noirs. En cela, les hommes noirs ne dérogent pas à la règle patriarcale qui veut que les femmes, censées être protégées par les hommes, en soient leurs principales victimes, au nom de leur sexisme et de leur racisme intériorisé. En France, 66 % des violences physiques ou sexuelles sont commises par un proche ou une personne connue.
Dans La Couleur Pourpre, Albert reproche à Celie d’être trop foncée. Les critiques des hommes noirs sur les femmes noires portent en particulier sur les stéréotypes raciaux ou des caractéristiques propres aux Noirs. Les Français noirs sont d’ailleurs connus à l’étranger pour être particulièrement misogynoirs. Récemment, une campagne #AntiHSM contre le cyberharcèlement des femmes noires a été lancée contre eux. Cette attitude hostile des hommes noirs encourage les autres communautés à exprimer leur haine vis-à-vis des femmes noires. S’en prendre aux femmes noires est aussi une manière d’exprimer leur racisme pour eux, sans affronter la potentielle violence masculine des hommes noirs. Cette stratégie est également utilisée par les hommes noirs quand ils n’osent pas s’en prendre aux femmes d’autres communautés.
Les femmes noires sont les plus susceptibles de déclencher la haine des hommes. Les stéréotypes en font les plus éloignées du modèle féminin eurocentré. Angela Davis affirmait même que les femmes noires incarnaient, en raison de leur sexe et de leur couleur, l’opposition à l’homme blanc. Ainsi, constamment soumises, comme toutes les femmes, au regard inquisiteur masculin, les femmes noires ne peuvent que déranger. Elles sont rarement perçues comme des figures désirables ou dignes d’intérêt et, lorsqu’elles le sont, cela déclenche souvent une vague de haine. Dans une logique coloriste, leur désirabilité est considérée comme une anomalie, une menace, en particulier par les femmes, notamment hétérosexuelles, des autres communautés dans un contexte de compétition de désirabilité. Elles utilisent même, en général, la dynamique coloriste à leur avantage, en se comparant aux femmes noires.
De surcroît, les femmes noires ne bénéficient pas d’une image de femme respectable et pure, comme les femmes de toutes les autres communautés. Elles sont présentées, au contraire, comme vulgaires, outrancières et agressives, incapables de manifester la soumission féminine aux normes patriarcales attendues. Les femmes noires contreviennent aux exigences masculines désirabilité et respectabilité, de facto. Les campagnes de harcèlement contre les femmes noires portent d’ailleurs sur ces questions, que ce soit leur coupe de cheveux ou leur cupidité.
Conclusion : Libérez-vous femmes noires !
Les femmes noires sont détestées parce qu’elles sont des femmes noires. En France comme ailleurs, leur image a été façonnée par des siècles d’histoire coloniale et esclavagiste qui les a positionnées non pas comme des êtres humains, mais comme des corps exploitables et résistants à la douleur. Même après l’abolition de l’esclavage, la société a continué à renforcer cette dynamique en construisant des stéréotypes déshumanisants. Les attaques contre les femmes noires visent en réalité les stéréotypes auxquels elles sont réduites. Il ne sert donc à rien d’essayer de convaincre ou d’émouvoir les oppresseurs. Il vaut mieux suivre la voie de celles qui, réunies en collectif, ont affirmé :
"Nous croyons que le développement de notre propre mouvement, centré sur notre propre lutte et reposant sur l’autonomie, est une nécessité absolue."
Combahee River Collective Statement, 1977. Tweet
Mais pour lutter contre la misogynoir, il convient de comprendre les effets de la misogynoir sur les femmes noires.


