Le comte de Monte-Cristo : un livre rebutant pour beaucoup. Un classique de 600 pages en 2 tomes. Un livre si ancien que ce n’est pas un policier, mais un proto-policier selon les spécialistes. Le genre de livre à être une lecture obligatoire à l’école. Mais c’est précisément le livre qui peut vous réconcilier avec les classiques de la littérature française.
L'histoire d'une injustice
En quelques mots, Le comte de Monte-Cristo c’est l’histoire d’une revanche sublime. Edmond Dantes, jeune second d’un navire marchand est sur le point d’épouser la belle Mercedes, l’amour de sa vie et d’être promu capitaine. Mais le jour de la cérémonie, tout s’effondre. Il est arrêté et jeté au Château d’If sans procès. Pourquoi ? Parce que 3 crapules, 3 scélérats, 3 proto-haters, jaloux du bonheur de Dantes, ont écrit une lettre de dénonciation anonyme où ils accusent notre héros d’être bonapartiste. Or, en pleine période de la restauration de la monarchie, ça ne pardonne pas. Dantes est emprisonné 14 ans dans son cachot. Sa seule consolation est de discuter avec son compagnon de cellule, un abbé italien, et méditer sa vengeance. Alors quand il sort de prison, non sans des grandes difficultés, il est prêt à en découdre avec ceux qui lui ont volé une partie de sa vie. Le plus beau dans cette histoire est que son ami l’abbé lui permet de mettre la main sur un trésor. Il est donc non seulement très en colère, mais il a aussi les moyens de concrétiser ses projets vengeurs. Sans surprise, sa vengeance est savoureuse. Plus encore, le plaisir presque malsain avec lequel Dumas nous décrit les rouages de cette vengeance sophistiquée. La lecture est jubilatoire. Tel le Dieu biblique, Dantes châtie les méchants, récompense les bons de manière implacable.
Une histoire qui fait réfléchir
En apparence, on pourrait penser que Le comte de Monte-Cristo célèbre la vengeance. Au contraire. Au fil de la lecture, ce livre fait comprendre au lecteur que la vengeance est une quête vaine. Dantes est un héros auquel on s’identifie immédiatement, tant il est accablé d’injustices. On souffre, on tremble et on fulmine en cœur avec lui. Et lorsqu’il se venge, on partage sa joie. Danglars, Caderousse et Fernand, les fameux haters, ce sont au final toutes ces personnes qui se montrent malveillantes à notre égard de manière gratuite. Alors Dantes réalise un peu le rêve fou qui nous habite parfois : répondre au mal par le mal. Cependant, au fil de la lecture, la satisfaction de la vengeance s’émousse. Le héros a vraiment tout pour être heureux mais il n’en profite pas tant il est resté prostré sur le passé. Pire, à cause de sa position en surplomb, il se coupe des autres personnages. Il s’interdit donc de vivre. En voulant acculer les autres, il s’accule lui-même. Dantes reste aussi sombre que dans sa geôle. On tourne donc les pages avec l’espoir d’une fin heureuse. On est réellement transporté dans le Paris du XIXème. Que demander de plus à un livre.
Ce livre est à lire et à relire. Péripéties, suspens et des personnages étonnants, sur un arrière-plan historique : tout pour plaire. Avec la même capacité à captiver le lecteur, il y a aussi Tituba de Maryse Condé.


